domingo, 10 de mayo de 2015

φάρμακον

Paris, cette ville pharmakon
où je déambule, étouffée par le béton, assourdie par les klaxons
devastée par la violence, d'un regard perdu entre deux rames,
d'un regard indifférent, tellement habitué à s'extraire du monde
des autres, qu'il est aveuglé, et aveuglement il circule par ces
allées grises, où les piétons, si fiers de leur individualité, oublient
bien trop souvent, qu'ils sont entourés de personnes.

Paris, cette ville pharmakon,
qui me concéda la liberté, la philosophie, l'amour
et qui en même temps m'ôte à chaque instant mon miel
vital, mon sérum de vie, la spontanéité de l'être soi, de l'être
au monde. Lieu de passage, pâte à pétrir puis à abandonner dans sa
dureté, dans ses nuages de grise mélancolie, mélancolie d'un jour où cette
ville, fut ville lumière.

Cette ville pharmakon, où j'ai appris l'honnêteté, et la méfiance,
la honte, et le détachement du regard mesquin ou moqueur de ceux
qui trop consommés par cette brume de charbon, ne savent plus
qui ils sont, où ils vont et se retrouvent là où ils vous méprisent.
J'ai appris l'amour, oui, l'amour libre, mais j'ai aussi contemplé la haine
et l'ai ressenti qui pénétrait mes entrailles et se regorgeait de mon énergie.
Non, je ne suis pas de haine, non je ne suis que vie, l'aigreur ne saura m'atteindre
même si la douleur, profonde, se délecte de mes pensées en mordant ma gorge.

Paris m'a tâché de sang, car je ne saignais plus, et cet être éphémère
qui demeure toujours avec moi, sera réincarné lorsque le voyage
aura imprégné mes poumons  d'un nouvel oxygène imprévisible,
l'oxygène des temps que nous n'avons pas encore vécu, de ces temps qui
de cette ville pharmakon, qui m'a guérie et m'empoisonne,
marquent le départ.

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